13 février 2009
Ce soir à Langenthal, Régis Fuchs (38 ans) disputera son 1000e match en ligue nationale. Le petit ailier chaux-de-fonnier entre dans le club des
«millénaires» avec ses ex-coéquipiers Gil Montandon, Martin Rauch et Jean-Jacques Aeschlimann.
Régis Fuchs, ça vous fait quoi d'être «millénaire»?
Ce n'est pas un nombre que je pensais atteindre. Je n'espérais surtout pas pouvoir évoluer avec autant de grands clubs durant ma carrière. Je suis forcément comblé
et fier d'être arrivé aussi loin. J'ai vécu beaucoup de belles aventures, fêter quatre titres et une promotion. C'est un bilan magnifique!
Vous souvenez-vous de votre premier match en ligue nationale?
Oui, c'était en 1986 avec le HCC en LNB à Zurich dans le vieux Hallenstadion. Jan Soukup, entraîneur de l'époque, m'avait fait jouer et j'étais très, très nerveux.
J'ai fait en sorte de donner le puck le plus vite possible pour ne pas commettre de faute.
Quel est votre meilleur souvenir?
C'est difficile de choisir. La promotion avec Ajoie ou les titres conquis avec Berne et Lugano demeurent de grands moments, des aboutissements. La finale avec Lugano
contre Ambri-Piotta en 1999 a tout de même constitué un moment très particulier.
Et le plus mauvais?
J'ai vécu des relégations avec le HCC (1988) Ajoie (1993) et Bâle (2008), c'est toujours douloureux. Les finales perdues contre les ZSC Lions (2000 et 2001) avec
Lugano furent aussi difficiles à digérer.
Lequel de vos coéquipiers vous a le plus marqué?
Le premier fut certainement Dan Métivier à Martigny. Ensuite, j'ai eu la chance de côtoyer des gars fantastiques comme Renato Tosio, Thomas Vrabec, Gil Montandon et
Reijo Ruotsalainen à Berne. A Lugano, Philippe Bozon, Petteri Nummelin, Vile Peltonen et Glen Metropolit m'ont aussi beaucoup apporté. Ces grands joueurs ne se prenaient pas pour des stars et
c'est ce que j'appréciais le plus.
Avez-vous des amis?
Très peu. Par la force des choses, on se perd un peu de vue. Je conserve de bons contacts avec Philippe Bozon.
Comment jugez-vous l'évolution du hockey durant votre carrière?
Elle est énorme. Ça fait toujours peur de voir des images du début des années 1990. On pensait qu'on jouait vite, mais ce n'est rien pas rapport à aujourd'hui.
L'engagement physique est beaucoup plus intense actuellement. Les entraîneurs préparent aussi beaucoup mieux leur équipe. Les systèmes tactiques sont plus développés. C'est certainement un mal
nécessaire. Un club suisse est tout de même devenu champion d'Europe. C'est fantastique!
Et hors de la glace, que pensez-vous de l'évolution du système?
Ce n'est pas normal de voir autant de joueurs changer de club en LNB. On veut imiter la NHL, mais nous ne sommes pas en Amérique du Nord. C'est absurde. Sinon, je
constate qu'il est beaucoup plus difficile de jouer en LNB en étant semi-professionnel que d'évoluer en LNA en étant professionnel. Il est certain que je n'aurais pas atteint les 1000 matches
avec mon statut actuel. Cela dit, je suis content de pouvoir travailler pour préparer ma reconversion.
Quel est votre prochain objectif?
Continuer d'avoir du plaisir. C'est cela que j'ai retrouvé au HCC après avoir vécu deux saisons pénibles à Bâle. Sinon, j'aimerai bien retrouver le chemin des filets
à l'occasion de mon 1000e match (réd: 14 matches sans but). Ça m'enlèverait une épine du pied. Je conçois qu'on attende de moi que je marque plus.
Deviendrez-vous entraîneur?
Absolument pas. J'ai été trop souvent en désaccord avec mes entraîneurs pour le devenir. En fait, dans ma carrière, je n'ai jamais eu un entraîneur qui était un bon
coach et un bon technicien en même temps. Mon premier mentor, Stu Cruikshank a été forcément marquant. Sinon, c'était très agréable de travailler avec Richmond Gosselin à Ajoie. Brian Lefley, Jim
Koleff et Larry Huras font aussi partie des très bons entraîneurs que j'ai connus.
Et la formation des juniors, ça vous tente?
J'ai beaucoup apprécié de donner des conseils à des jeunes lorsque j'étais à Lugano ou à Bâle. Mais par respect pour mes enfants, je préfère les voir jouer plutôt
que d'en entraîner d'autres. Je ne voudrais non plus pas m'occuper d'une équipe au sein de laquelle mon équipe joue.
La LNA vous y pensez?
Pas encore. Pour l'instant, nous sommes en quart de finale. En menant 1-0 dans une série, on ne peut pas se transposer au dernier match. Il faut d'abord gagner le
deuxième round. /JCE
Le cercle des «millénaires» est très fermé
Régis Fuchs entre dans un cercle très fermé en Suisse. Seuls trois joueurs avant lui ont atteint ou dépassé le
cap des 1000 matches. Gil Montandon avec 1016 parties en LNA est le seul à avoir disputé toute sa carrière dans l'élite. Martin Rauch, actuel défenseur d'Ajoie, en est à 1130 rencontres.
Jean-Jacques Aeschlimann a totalisé 1048 parties avant de prendre sa retraite. Régis Fuchs est le seul à avoir participé à huit finales de play-off en LNA. «Ça me fait plaisir de retrouver
d'anciens coéquipiers avec qui j'ai joué et vécu de très belles choses», confie Régis Fuchs. «Pour moi, ce cap est un peu comme un nouveau départ. Nous sommes très peu à avoir atteint les
1000 matches. J'aurais préféré compter autant de points. Mais bon, avec toutes mes saisons en LNA, ce n'est pas si mal d'en avoir obtenu 653.» Ce qui fait une moyenne de deux points tous les
trois matches. /jce
Fuchs en bref
Naissance 6 avril 1970 à Porrentruy (originaire d'Alle).
Mensurations 172 cm, 79 kg.
Clubs HCC (1986-1988 en LNB, une relégation), Martigny (1990-1991 en LNB), Ajoie (1991-1993 en LNB et LNA, une promotion et une relégation), Berne
(1993-1998 en LNA, un titre), Lugano (1998-2006, trois titres), Bâle (2006-2008, en LNA, une relégation), HCC (2008-20??, en LNB).
Record Seul joueur à avoir participé à huit finales de play-off de LNA (1996, 1997, 1999, 2000, 2001, 2003, 2004, 2006).
La source : http://www.arcinfo.ch
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