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La chronique du Rat

Jeudi 1 janvier 2009

La chronique du Rat ! 1.01.09


Le Tsar ne rejouera plus !



Le Tsar ne rejouera plus !

 

Bien qu’attendue, la nouvelle restera tout de même un choc. Choc d’apprendre que l’on ne reverra plus le Maître orchestrer le power-play depuis sa ligne bleue, choc de ne plus être abasourdi par ses ouvertures de 40 mètres, totalement verticales, mettant dans le vent toute l’équipe adverse d’un seul coup, choc de ne plus admirer ses slaps ultra-puissants dans la lucarne, choc de …

 

Septembre 1994 : un double champion du monde débarque aux Mélèzes. En provenance de Bienne, celui que l’on ne connaissait pas encore comme ukrainien arrive de façon somme toute anonyme, personne à la Chaux-de-Fonds n’étant véritablement conscient du cadeau qui nous était fait. C’est le moment de rendre le mérite à ceux qui ont signé ce contrat : Messieurs Wysmüller et Fuhrer. On leur a reproché beaucoup de choses, moi le premier, mais qui a su garder à l’esprit que c’est à ces deux personnes que l’on doit la venue de celui qui deviendra le meilleur joueur du HCC lors de chacune des saisons qu’il passa aux Mélèzes ?

 

1995-1996 : Une saison d’anthologie pour le HCC avec deux étrangers de LNA, Chiriaev et Bozon ! 220 points en saison régulière pour ce qui restera la plus belle première ligne du HCC dans l’histoire récente du club, Chiriaev-Bourquin en défense, Stehlin-Bozon-Oppliger en attaque, avec super Jean-Luc dans les buts il y avait effectivement de quoi faire peur. Celui qui était devenu le Tsar aura formé un duo magique avec l’énorme Philippe Bozon,  personne depuis n’aura su exploiter avec tant de talent les incroyables ouvertures de l’ukrainien ! Quelle plaisir de voir ces 1 contre 1 presque toujours bien exploités par le français, quel que soit le système défensif de l’adversaire, le coup d’œil du maître et la vitesse et l’habileté du guerrier savoyard faisaient mouche !

 

Après une saison seulement à Davos (on se demande bien pourquoi le seul club à avoir saisi complètement la classe et l’importance du défenseur aura été le HCC ?) en compagnie de Ken Yaremtchuk, Valery revient aux Mélèzes, vers un HCC qui fera bonne figure en 1997-1998 en LNA avec le Tsar et les frères Patrick et Stéphane Lebeau. Une malheureuse défaite 1-0 à Zürich (avec un but de P. Lebeau scandaleusement annulé pour un hors-jeu inexistant) condamnera le HCC et sa superbe première ligne au tour de relégation. Les hommes clés, sur-utilisés tout au long du championnat, ne suffiront pas à faire la différence et  ne pourront que s’incliner face au SCL de Köbi Kölliker. Celui-ci déclarait d’ailleurs, juste avant le tour de relégation, « … ne pas comprendre comment cette équipe chaux-de-fonnière se retrouvait à lutter contre la relégation, avec le niveau de jeu qui est le sien ! ». Sans des  étrangers de la trempe du Tsar et des frères canadiens, nul doute que le HCC aurait fait pâle figure en LNA, mais la classe de ces trois hommes aura presque suffit à elle seule, après tout il n’aura manqué qu’un petit but pour ne pas risquer sa peau dans le tour de relégation.

 

En 2008 il apparaît presqu’incroyable que Valery avait déjà 30 ans lorsqu’il débarqua à la Chaux-de-Fonds ! Le Chiriaev de 1994 à 1998 restera le meilleur joueur que j’aie jamais vu évoluer sous le maillot chaux-de-fonnier. Bien sûr qu’il n’était plus tout à fait le même ces dernières saisons, la vitesse n’était plus un atout et les blessures se faisaient plus présentes, n’empêche que sa présence à la ligne bleue lors des power-play valait encore celle d’un attaquant, sans même parler de son indispensable influence en box-play.

 

On parle toujours des vertus offensives du Tsar, sa stat de presque 1 point par match le justifie, mais il y avait largement matière à s’extasier sur son jeu défensif. Son placement toujours parfait, lui permettant d’intercepter des passes qui auraient signifié une chance de but, sa façon d’immobiliser un joueur à la bande, en plaçant sa crosse sur le torse de l’attaquant, sous ses bras, l’empêchant de faire le moindre mouvement, son intransigeance devant le but, tout cela son prendre beaucoup de pénalités, avec classe quoi ! Le hockey suisse est ainsi fait que les fans ne voient et n’honorent que les actions offensives mais ne s’extasient que rarement sur les talents défensifs, Valéry avait les deux et savait doser à la perfection son penchant offensif en assumant ses tâches défensives !

 

Un indice qui ne trompe pas, s’agissant du talent du bonhomme : ses coéquipiers. En effet, qu’il s’agissent de joueurs talentueux et confirmés comme Bourquin ou Vacheron, ou de tâcherons comme Brusa, tous se bonifièrent à son contact et connurent des saisons prolifiques au niveau des points marqués. C’est la marque des grands que rendre leurs coéquipiers de ligne meilleurs, spécialité de Bykhov et Khomutov mais aussi de Valery Chiriaev.

 

Son attachement au HCC, bien qu’intermittent, est à relever également. Bien que naturellement chers, ses services en tant qu’étranger furent l’apanage exclusif du HCC après son départ de Bienne, à l’exception de son escapade Davosienne. Ses passages à Berne, Langnau, Genève et Bienne enfin se firent alors que sa « valeur marchande » avait augmenté avec l’obtention d’un passeport suisse. Je me souviens d’une interview de Lefèbvre, alors que son LHC venait d’échouer en finale de LNB face à Bienne ; à la question « qu’est-ce qui a manqué au LHC pour remporter cette finale ? » le québécois répondra fort simplement « Valery Chiriaev ». Un bien bel hommage que n’auront pas retenu des dirigeants biennois qui laisseront filer, une fois encore, le Tsar vers le HCC.

 

Outre de beaux souvenirs, et le privilège d’avoir vu évoluer un double champion du monde pendant 13 saisons sous nos couleurs, Valery Chiriaev nous laisse un bien beau cadeau : Evgueni. Peut-être ne fera-t-il pas de vieux os dans nos contrées, c’est prévisible vu son niveau de jeu et sa progression, mais il fait partie de ces jeunes chaux-de-fonniers talentueux qui feront très bientôt le bonheur des grands clubs de LNA, perpétuant ainsi la tradition d’un HCC formateur de joueurs de talents. Qui sait, peut-être ravirons-nous bientôt la 1ère place de Kloten au nombre de joueur formés par le club évoluant en LNA ? Si tel était le cas, alors dans ce domaine là aussi, le Tsar aura apporté sa contribution.

 

Merci Valery ! Merci d’avoir illuminé tant de soirées par ta classe, tes passes tendues et précises, tes tirs si puissants qu’on comprenait que c’était goal en voyant le filet bouger, tes conseils aux plus jeunes, ton hygiène de vie, ton attachement à cette région, vraiment merci … et bon vent dans ta seconde carrière !


Chronique par : Le Rat

Par vanessa27
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Vendredi 5 décembre 2008

La chronique du Rat ! 4.12.08


Gary Sheehan : les raison du succés !


Gary Sheehan: les raison du succès :

3 ans de traversée du désert, suite à une relégation de LNA et un retour en LNB mal négocié financièrement, pendants lesquels le HCC s’est contenté de faire acte de présence avec des équipes « bout de bois » alors que les derniers courageux du Conseils d’Administration laissaient filer loisirs et espèces sonnantes et trébuchantes pour sauver ce qui pouvait l’être.

3 ans, bientôt, que notre cher HCC retrouve un classement digne de son histoire, une équipe digne de sa glorieuse ainée de 1996. Bientôt 3 ans qu’une « ancienne-nouvelle » équipe dirigeante a repris les rennes; « ancienne » car plusieurs membres du CA et du CG actuels étaient déjà présents par le passé, « nouvelle » car le dirigeant majeur, le COACH, n’avait jamais fait partie de l’encadrement chaux-de-fonnier.

Petit rappel : laissé sur le bas-côté par un LHC oublieux d’un sauvetage tout sauf évident avec son compère Andreï Khomutov, Gary Sheehan fréquente alors les bureaux de la Caisse de chômage. Paul-André Cadieux, entraîneur du HCC, le sollicite comme assistant lors d’une fin de saison pénible, c’est ainsi que Gary Sheehan entrera dans le giron chaux-de-fonnier, par la « petite porte » et dans l’ombre.

Son intronisation en tant que coach principal coïncidera avec l’arrivée de 2 illustres inconnus : Dominic Forget et Jonathan Roy. Le moins que l’on puisse écrire est que la signature de ces 2 mercenaires n’aura suscité qu’interrogations et pronostiques pessimistes du côté des « spécialistes » et journalistes en tout genre. Mais MONSIEUR Gary n’en a cure, en grand connaisseur du hockey québécois et suisse, il sait avoir mis la main sur le type même de joueurs nécessaires au HCC.

Il avait bien compris que le club n’avait pas les moyens d’engager des TOP mercenaires connus en Suisse : d’une part les finances étaient … ce qu’elles étaient, et le HCC n’était pas à l’époque ce que l’on nomme dans le jargon « une bonne adresse ». Outre le talent de ces 2 perles rares, il convient de reconnaître également leur abnégation, leur sens du sacrifice ainsi que leur respect des consignes.

L’autre idée géniale de Gary Sheehan, car je suis persuadé qu’il avait pris cette décision avant même la venue de Jo et Dominic, fut de les aligner dans des lignes différentes, garantissant ainsi 2 lignes « d’impact » à son équipe. Il était attendu au tournant, c’est sûr, car le choix des étrangers fut largement discuté dans l’entourage du club. Mais il avait aussi une carte bonus, ou un joker « confort » si vous préférez : il était difficile pour le HCC de ne pas faire mieux que les 3 saisons précédentes.

Il s’attela également à redonner une identité régionale à cette équipe, en alignant autant de locaux que possible et en intégrant les juniors. Certes les résultats sont pour beaucoup dans le retour du publique aux Mélèzes, mais je reste persuadé que la couleur locale de l’équipe fait beaucoup. Combien de messages pouvait-on lire dans les forums où les fans se réjouissaient du retour d’untel, de la titularisation de tel autre junior. Combien de « pardon avant l’heure a-t-on pu lire ? Tous, ou presque, se déclaraient prêts à pardonner les échecs éventuels de ce HCC enfin redevenu chaux-de-fonnier. Ceci ne laissera jamais de m’étonner, de la part d’un pur québécois avoir réussi à si bien comprendre, et si vite, la mentalité des montagnards que nous sommes !

Une autre raison du succès du HCC et de Gary Sheehan est que cette équipe joue « à la chaux-de-fonnière », LA façon de jouer du HCC depuis toujours. Un jeu fait de technique, de sorties de zones bien préparées, d’actions offensives presque compliquées et surprenantes, bref tout sauf basé sur l’impact physique. Le style de jeu qui a permis au HCC de dominer le championnat 6 saisons durant, qui a permis 2 retours en LNA et qui permet maintenant de dominer le championnat de LNB.

Il y a encore un point à relever dans la manière dont MONSIEUR Gary a amené son club là où il est actuellement : la progression pas à pas. Conscient des moyens à sa disposition, il s’est toujours ingénié à améliorer son équipe par touches légères, remplaçant 2 ou 3 joueurs chaque saison, parfaitement au clair sur ceux qu’il voulait ou non conserver. C’est ainsi que le HCC est devenu plus fort chaque saison, de façon évidente, et que les blocs se sont équilibrés. Cette stabilité a vraiment fait beaucoup dans le succès de notre équipe, preuve en est le classement actuel, à mettre en relation avec certains effectifs plus impressionnants sur la papier.

Je retiens particulièrement la transition entre la saison dernière et celle-ci. Alors que les départs de Dolana, Botta et Mano semblaient vraiment dommageables, puisque concernant 3 joueurs des 3 premières lignes, Gary su voir le potentiel de joueurs tels que Schild, Müller ou Morant. Il sait également profiter des bonnes opportunités : en récupérant un Julien Türler et en le gardant, en allant chercher un Membrez dont je me demande parfois ce qu’il pouvait bien faire en 1ère ligue, en donnant sa chance à l’indésirable Novak (qui franchement ne nous déçoit pas), etc.

Il n’hésite également pas à laisser partir ceux qui le veulent : le départ de Bernasconi nous aura largement profité au final, vu l’importance de Lussier dans notre offensive. Même si certains s’interrogeaient sur le bien-fondé de remplacer un défenseur par un attaquant, l’histoire nous aura prouvé qu’il avait raison. Les exemples récents des départs de Roy, Forget et Schild me renforcent dans ma conviction. Gary Sheehan a su reconnaître leurs mérites et les en remercier mais montre une parfaite sérénité et une grande confiance en l’avenir. Il SAIT que Jo et Do sont remplaçables, que Schild et les autres suisses qui partiront éventuellement le sont aussi. D’une part parce-que le HCC aura des moyens supérieurs la saison prochaine (parce-que les vieilles dettes seront enfin épongées et que les recettes de cette saison seront juteuses si l’équipe va loin en play-offs), et d’autre part parce-que le HCC est désormais une bonne adresse et sera sollicité par de nombreux joueurs.

Sa reconduction à long terme est la meilleure nouvelle que nous pouvions espérer, de loin plus important que la reconduction de n’importe lequel de nos joueurs ! Elle nous garantit une continuité bienvenue, la poursuite d’une politique ayant fait ses preuves sur 3 saisons. Elle nous garantit aussi de pouvoir continuer à voir et à parler à un grand professionnel, de manière conviviale et directe, lors de chaque occasion qui se présentera. Sans son accent, superbe au demeurant, on le prendrait pour un gars de chez nous, simple et humble mais qui ne se laisse pas faire.

Gary n’est certes pas la seule raison du succès du HCC, mais c’est le facteur déterminant, merci Gary, ici c’est Chaux-de-Fonds, ici c’est chez toi !


Chronique par : Le Rat
Par vanessa27
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